UN ETE ASSOURDISSANT

L’été 2020 aurait pu être une belle saison !

Après plus de deux mois de confinement dus à un virus aussi redoutable qu’invisible appelé COVID-19, je m’apprêtais à passer des vacances qui, bien que citadines, me promettaient de bons moments de détente. Pour commencer, je décidais de bannir de mon vocabulaire le mot « contrainte » libérant ainsi mon esprit de toute pensée préjudiciable à la réalisation de mes projets.

Hélas, ce fut loin d’être le cas !

Alors que je m’imaginais installée sur ma terrasse, entourée de ma famille ou de mes amis, devant des cocktails rafraichissants que l’été sait si bien nous faire apprécier, et dégustant à l’ombre d’un parasol des salades aux saveurs occitanes, colorées et parfumées d’herbes aromatiques…

Alors que je me voyais déjà alanguie sur mon transat, testant le moelleux de mes coussins pour des siestes réparatrices de nuits écourtées par la chaleur étouffante de ma chambre, et nez plongé dans un bon roman ou croisant les mots, moi modeste cruciverbiste…

J’ai vite compris qu’il n’en serait rien !

C’était en effet sans compter sur les travaux d’un immeuble en construction à proximité de ma résidence. Combien j’ai maudit la valse des camions entrant et sortant du chantier, alourdis de matériaux que des transpalettes venaient décharger dans un concert de bips stridents. Combien j’ai détesté les toupies de béton qui, dès l’aube, vomissaient leur mortier dans un bruit sourd rappelant le son lugubre d’une corne de brume. Combien j’ai haï les ouvriers parlant haut et fort, et frappant à tour de bras sur des ferrailles ou des planches.

Un odieux vacarme à vous éprouver les nerfs, à vous faire fuir tant cette situation devenait intolérable. J’en étais même arrivée à regretter les mois de captivité pendant lesquels régnait un silence quasi religieux.

Ajoutez à ce raffut les cris, que dis-je, les hurlements des enfants chahutant et courant en tous sens sous l’œil désabusé de jeunes animateurs parfois dépassés par des gamins surexcités, et que l’école de mon quartier accueille habituellement durant les vacances scolaires, et vous aurez une vision complète de mon enfer estival.

Comment dès lors trouver dans cette cacophonie le repos, la détente ? Comment laisser libre cours à sa rêverie ? Comment ne pas déprimer surtout ?

Mais la vie réserve parfois bien des surprises et comme la chance ne m’abandonne jamais tout-à-fait, c’est dans une amitié sans faille, sincère et véritable, que j’ai retrouvé ma belle humeur et l’énergie qui me manquait pour supporter ce quotidien devenu insupportable.

Bienveillante amie qui a su par son écoute et ses paroles réconfortantes me redonner sourire et gaîté, sa porte m’est grande ouverte et son cœur davantage encore.

Sedna