Voyage

A chevaucher la brise,

Les mots s’enroulent et batifolent.

Ils caracolent et puis s’envolent

Par-dessus les rues grises.

Dans l’océan ils gîtent,

Du Grand Sud à l’Arctique,

De la poupe à la proue

Des navires ils s’en vont,

Ils s’en viennent ces fous,

Destinations lointaines,

Comme l’eau des fontaines.

Ils roulent sur les cordages

De voix mystérieuses,

Marins et capitaines.

Ils collent aux caudales

des orques, des requins,

Aux ailes des rieuses,

Prennent un autre chemin

Suspendus sur leurs flancs,

Boursoufflés par le vent.

Puis lassés de danser

Harponnent les palans

et montent à l’abordage,

A l’assaut d’une page,

Réciter leurs voyages,

Dans les greniers du temps.

Gaya