En cette fin d’été le soleil brûlait de son feu ardent, alors que ma passion, fruit d’un long cheminement de photographe, attendait l’orage.

Chaque jour, je scrutais le ciel automnal et partageais mes longues attentes avec « Rose », un livre racontant la vie d’une femme aux amours libertins.

Sa sincérité et nos affinités ont créé entre nous une complicité sans faille, ce livre me suivait partout ; Rose devenait peu à peu une amie réelle.

Je lui accordais facilement mon pardon dans ses dérives érotiques, nous n’avions pas la même vision du sentiment amoureux c’est tout.

Elle pouvait aussi compter sur mon soutien et ma tendresse lorsqu’ elle me racontait, anéantie, des expériences douloureuses.

Un jour, lors d’un voyage en train, j’étais assise face à une jeune femme qui ressemblait à Rose, du moins à l’image que j’en avais imaginée.

Nous avons conversé facilement comme si nous nous connaissions depuis toujours, nous partagions le plaisir de la photographie et des jours de pluie.

En nous quittant, spontanément, je lui ai offert mon livre fétiche, lui assurant une lecture légère.

J’ai gardé un solide souvenir de cette Rose qui aimait tant l’amour de l’homme.