CLIN D’OEIL INDIGESTE

J’avais décidé ferme de me mettre au vert, d’aller vers la tempérance heureuse.

J’en avais fait mon étendard, mon slogan tout en bouclant mes bagages.

Après avoir bien réfléchi, calculé, évalué la meilleure stratégie pour parvenir à me débarrasser de cette gourmandise hivernale, de ce péché infernal, il m’était apparu évident que la solution était ce village perdu dans un coin reculé de Lozère.

Le ciel était grand bleu, les prés vert tendre, partout déjà dansaient les pissenlits jaune or. Que ce chemin de liberté était beau !

Qui dit sevrage, ne veut pas dire jeûne. Je me suis donc arrêtée  sur un bord de chemin pour un déjeuner frugal. J’étais en train de terminer ma pomme lorsqu’un paysan arrêta son tracteur près de mon véhicule et tout sourire, qui dévoilait son unique dent, il vint me saluer.  Après quelques courtois échanges sur l’air du temps, il sortit de sa besace une belle boîte ronde et colorée.

Je mesurai à ce moment précis combien ce monde était injuste…